Notre Victoire

Annie Perron-Simard

Mon parcours avec la clinique de Fertilité et le département de la santé de la femme de l’hôpital de Chicoutimi a duré quelques années.

Dès que l’on débute dans ce parcours on doit s’attendre à un long processus parsemé de délais, d’espoir, de déception, de douleur, de découragement et j’en passe.

Dès la première rencontre avec mon médecin et les infirmières de la clinique de fertilité je sentis toute leur empathie et leur désir sincère de nous aider, mon conjoint et moi, à fonder une famille.

Bien que les infirmières voient des dizaines et dizaines de femmes à chaque semaine, j’ai toujours eu le sentiment qu’elles prenaient le temps de bien prendre en charge mon dossier. Justement, je n’étais pas un dossier. J’étais une femme ; une femme qui vivait une énorme tristesse de ne pas réussir à avoir un enfant naturellement à cause d’une maladie (Endométriose stade 4). Leur douceur, leur professionnalisme et leur disponibilité a été pour moi un baume sur mes montagnes russes d’émotions.

Nous avons traversé ensemble 7 inséminations artificielles réparties sur une dizaine de mois. Au bout de ces 7 traitements tous négatifs, mon médecin me dit : « Annie, on doit prendre une pause. Une pause de 6 mois. Tu dois reprendre tes médicaments contre l’endométriose, (qui me rendent chimiquement infertile en plus). Ensuite, on regardera pour la fécondation in vitro. »

Quel choc! Dans ce processus, on ne veut pas attendre. On veut fonder une famille maintenant. On s’accroche à la prochaine étape qui est généralement aux deux semaines. (Prises de sang, échographies, suivis divers, prochaines injections, etc.) Mais là attendre 6 mois! Ouch!!!

Lors de cette rencontre, une des infirmières de la clinique était avec nous. Elle a pris le temps de m’expliquer les prochaines étapes, d’écouter ma peine et mes craintes. Elle a été d’une douceur incroyable.

Rapidement, au fil du temps, les infirmières ont appris mon dossier par cœur. Lorsqu’on se parlait, généralement par téléphone, pour les suivis qui servaient à m’informer de la quantité d’hormones que je devais prendre, entre autres, je savais qu’elles me reconnaissaient. J’étais en confiance.

Elles ont toujours su s’adapter à moi. Malgré les nombreuses étapes et examens que nous devions faire, je sentais une certaine flexibilité de leur part pour que je puisse continuer à mener ma carrière de Directrice adjointe chez Desjardins, de front au travers ce long parcours.

Après un peu plus de 6 mois de pause, qui a finalement été bénéfique autant physiquement que mentalement, j’étais prête pour l’ultime tentative. La fécondation in vitro.

On passait maintenant à un autre niveau. Une foule de choix s’offrait à nous. Le choix de l’hôpital où l’intervention serait effectuée en collaboration avec l’équipe de la clinique de fertilité de Chicoutimi. Le type de fécondation in vitro que nous allions choisir. Les coûts. Mon conjoint et moi sommes tous les 2 porteurs du même gêne d’une maladie héréditaire récessive (neuropathie sensitivomotrice héréditaire avec ou sans agénésie du corps calleux). Nous avions donc une chance sur quatre que je tombe enceinte d’un bébé très malade. De cette manière, nous pouvions aussi choisir de faire analyser les embryons avant le transfert.

Encore une fois, l’équipe a été d’un support et d’une aide incroyable pour ces rencontres émotives.

Tout le département du 3e étage de l’hôpital me connaissait par mon prénom. Le personnel a joué un rôle d’accompagnateur pour notre projet, mais également de support moral, de thérapeute, d’expert et j’en passe.

Finalement, en avril 2018, après deux transferts d’embryons, nous avons appris, par les infirmières de la clinique de fertilité, que nous attendions notre petit miracle. L’infirmière qui nous l’a annoncé, était aussi contente et fière que nous !

Au terme d’une grossesse avec quelques soucis, dont du diabète de grossesse avec insuline et une foule de suivis à la clinique GARE (toujours au centre de santé de la femme) nous avons enfin pu avoir dans nos bras notre trésor en décembre 2018. Quelques heures après ma césarienne, les infirmières de la clinique de Fertilité sont venues nous voir, bébé et moi, dans notre chambre d’hôpital. Ce sont les yeux pleins d’eau que nous leur avons partagé notre bonheur, notre fierté. Quel bel exemple d’humanité et de prise en charge sincère.

Toute cette équipe réalise des miracles.

Merci d’avoir pris le temps de lire mon histoire et ce serait un honneur pour moi de faire rayonner votre cause dans mon entourage autant personnel que professionnel.

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